Johann Sebastian Bach

Johann Sebastian Bach
Biographie [modifier]

Eisenach [modifier]

Johann Ambrosius Bach, le père de J.S. BachJohann Sebastian Bach naît le 21 mars 1685, à Eisenach, dans une famille de musiciens (dont il est le huitième enfant) exerçant depuis des générations comme musiciens de cour, de ville ou d'église dans la région de Thuringe (Allemagne). Il se situe à la cinquième génération depuis le premier ancêtre connu, un certain Veit Bach qui serait venu au XVIe siècle de Hongrie, meunier et musicien amateur. À sa naissance, les Bach qui pratiquent la musique sont plusieurs dizaines ; il s'agit de la plus importante famille de musiciens connue dans toute l'histoire de la musique occidentale.

La date du 21 mars est celle du calendrier julien alors en usage à Eisenach, la date selon le calendrier grégorien serait le 31 mars (c'est la date grégorienne qui est retenue pour son décès à Leipzig). Il est le dernier des huit enfants de Johann Ambrosius Bach (1645-1695), musicien de ville et trompettiste de cour, et de son épouse Elisabeth née Lämmerhirt. Il est baptisé dans la confession luthérienne dès le 23 mars à l'église Saint-Georges (Georgenkirche).

Son enfance se passe à Eisenach ; il reçoit sa première éducation musicale de son père, violoniste de talent. Il est aussi initié à la musique religieuse et à l'orgue par un cousin de son père, Johann Christoph Bach qui est l'organiste de l'église Saint Georges. Il fréquente, à partir de ses huit ans, l'école de latin des dominicains d'Eisenach.


Villes où Bach a résidé au cours de sa vie
Ohrdruf [modifier]
Sa mère meurt le 3 mai 1694. Le 27 novembre suivant, son père se remarie avec une veuve, Barbara Margaretha Bartholomäi née Keul, mais il décède quelques semaines plus tard, le 20 février 1695. À l'âge de dix ans, ayant ainsi perdu sa mère puis son père, il est recueilli par son frère aîné qui en a vingt-quatre, Johann Christoph, élève de Johann Pachelbel et organiste à Ohrdruf. Dans cette ville, Johann Sebastian fréquente le lycée, acquérant une culture plus approfondie que ses aïeux ; il y a pour camarades de classe l'un de ses cousins, Johann Ernst Bach et un ami fidèle, Georg Erdmann. Johann Christoph poursuit son éducation musicale et le forme aux instruments à clavier. Johann Sebastian se montre très doué pour la musique (possédant de plus l'oreille absolue) et participe aux revenus de la famille en tant que choriste. Il aime à recopier et étudier les œuvres des compositeurs auxquelles il peut accéder, parfois même contre la volonté de son aîné. La passion d'apprendre restera un de ses traits de caractère et en fera un connaisseur érudit de toutes les cultures musicales européennes.


Lüneburg [modifier]
Le 19 janvier 1700, Georg Erdmann quitte Ohrdruf pour Lunebourg ; Johann Sebastian Bach le rejoint, à pied (plus de 300 km), dès le 15 mars suivant : le désir de retrouver son ami et d'alléger la charge de son entretien par l'aîné, qui est marié et père de famille, le décident probablement à ce changement décisif. Il est admis, avec son ami, dans la manécanterie de la Michaelisschule qui accueille les jeunes garçons pauvres ayant une belle voix.

Outre la musique, il y apprend la rhétorique, le latin, le grec et le français. Il fait la connaissance de Georg Böhm, musicien de la Johanniskirche et élève du grand organiste de Hambourg Johann Adam Reinken ; Böhm l'initie au style musical de l'Allemagne du nord. Il côtoie aussi à Lunebourg ou à la cour ducale de Cella des musiciens français émigrés, notamment Thomas de la Selle, élève de Lully : c'est l'approche d'une autre tradition musicale ; il recopie intégralement l'œuvre d'orgue de Nicolas de Grigny, et entame peut-être une correspondance avec François Couperin. Après la mue de sa voix, il se tourne vers la pratique instrumentale (orgue, clavecin, violon). Il peut fréquenter la bibliothèque municipale de Lunebourg et les archives de la Johanniskirche qui recèlent de nombreuses partitions des plus grands musiciens de l'époque. En 1701, il se rend à Hambourg et y rencontre Johann Adam Reinken et Vincent Lübeck, deux grands virtuoses titulaires des plus belles orgues de l'Allemagne du nord.


Arnstadt [modifier]

Église St Boniface, ArnstadtEn janvier 1703, fraichement diplômé, Bach prend un poste de musicien de cour dans la chapelle du duc Johann Ernst de Weimar, grande ville dans Thuringe. Son rôle y est peu clair, mais semble avoir inclus des fonctions serviles et non-musicales. Toujours est-il que, durant sa tenure de sept mois chez Weimar, il se forge une solide réputation d'organiste. Il est invité à inspecter et inaugurer le nouvel orgue de l'église de Saint Boniface d'Arnstadt, au sud-ouest de Weimar. En août 1703, il accepte le poste d'organiste de cette église, qui lui assure des fonctions légères, un salaire relativement généreux, et l'accès à un orgue neuf et moderne. La famille de Bach avait toujours entretenu des relations étroites dans cette ville, la plus ancienne de Thuringe.

Mais cette periode n'est pas sans tensions : il était apparemment dissatisfait du chœur ; des conflits éclatent (il en vient aux mains avec un bassoniste nommé Geyersbach) ; il désire sans doute s'éloigner de l'influence familiale ; de plus, son absence non autorisée d'Arnstadt pendant plusieurs mois en 1705-06, lui est reprochée : il avait rendu visite à Buxtehude et son Abendmusik dans la ville de Lübeck, marchant 400 kilomètres pour s'y rendre. La durée de sa visite suggère qu'il devait accorder une grande valeur à ses contacts avec le vieil homme, et que celui-ci dut avoir une grande influence sur son art. C'est à cette époque que Bach achève d'élaborer son art du contrepoint et sa maitrise des constructions monumentales.

Ajoutons que le jeune homme agrémentait ses accompagnements du service religieux de démonstrations de virtuosité, ce qu'on lui reprochait ; qu'on l'accusait de profiter des sermons pour s'eclipser et rejoindre la cave à vin ; et qu'on lui reprochait de jouer de la musique avec une "demoiselle étrangère" (Maria Barbara ?) dans l'église.


Mühlhausen [modifier]
De 1707 à 1708, il est organiste à Mühlhausen. Il y écrit sa première cantate, prélude à une œuvre liturgique monumentale à laquelle se rajoutera l'œuvre pour orgue, témoins les plus révélateurs de son génie, et de la profondeur de son inspiration. Il composera sa vie durant des cantates pour cinq années complètes de cycle liturgique, soit plus de trois cents. Plusieurs dizaines de ses compositions sont perdues, dont une grande partie date de cette période.

Mühlhausen est alors une petite ville de Thuringe, récemment dévastée par le feu et Bach peine a trouver à se loger à un prix convenable. Le 17 octobre 1707 il épouse, à Dornheim près d'Arnstadt, sa cousine Maria Barbara dont il admirait le timbre de soprano. Il doit se battre pour constituer une dot convenable (aidé par l'héritage modeste de son oncle Tobias Lämmerhirt) et pour donner à sa femme une place dans les représentations (les femmes n'étant pas admises à la tribune d'honneur jusqu'au XIXe siècle). Ils auront sept enfants dont quatre atteindront l'âge adulte parmi lesquels Wilhelm Friedemann et Carl Philipp Emanuel.

Bach se met vite au travail pour organiser une vie musicale ; il rassemble une bibliothèque de musique allemande, il fait travailler le chœur et le nouvel orchestre et recolte les fruits de son travail lorsque la cantate BWV 71 (clairement inspirée de Buxtehude) écrite pour l'inauguration du nouveau conseil, en 1708, est donnée dans la Marienkirche.

Le gouvernement de Mühlhausen était tout à fait satisfait du musicien: il ne fit aucune difficulté lorsqu'il s'agit de rénover à grand frais l'orgue de l'église St Blasius et lui confie la supervision des travaux ; il édita à ses frais la cantate BWV 71 (la seule œuvre de Bach qui fut editée de son vivant) ; et par deux fois il réinvita le compositeur pour la diriger.

Cependant, un controverse nait au sein de la ville : les luthériens orthodoxes, amoureux de musique, s'opposent aux piétistes, plus puritains et qui s'opposent aux arts. Bach, dont le supérieur direct J.A. Frohne est un piétiste, sent que la situation ira en se dégradant, et accepte une meilleure position à Weimar.


Weimar [modifier]

Johann Sebastian Bach (1715)De 1708 à 1717, organiste et premier violon solo à la chapelle du duc de Weimar, il disposait de l'orgue mais aussi de l'ensemble instrumental et vocal du duc. Cette période vit la création de la plupart de ses œuvres pour orgue (dont la plus connue, la célèbre Toccata et Fugue en ré mineur BWV 565) de ses cantates, de ses pièces pour clavecin inspirées des grands maîtres italiens et français.

Bach avait la compétence technique et la confiance pour construire des structures de grande échelle, et synthétiser les influences de l'étranger, italiennes ou francaises. De la musique des Italiens tels que Vivaldi, Corelli et Torelli, il a appris l'écriture d'ouvertures dramatiques et en a adopté les developpements ensoleillés, les motifs rythmiques dynamiques et les arrangements harmoniques décisifs. Bach a adopté ces aspects stylistiques selon sa méthode habituelle de travail : la transcription pour le clavecin et l'orgue, des concertos de Vivaldi en l'occurrence.

Il est en particulier attiré par la structure italienne de solo-tutti, dans laquelle un ou plusieurs instruments solos alternent avec l'orchestre dans tout un mouvement. Ces dispositifs d'Italianate peuvent être entendus dans la suite anglaise No. 3 pour le clavecin (1714) : l'alternance de solo-tutti se matérialise par le passage du clavier inférieur (sonorité plus pleine) et le clavier supérieur (sonorité plus expressive).

Mais il voulait quitter cette ville où il s'ennuyait. Justement, le prince Léopold d'Anhalt-Coethen, beau-frère du Duc de Weimar, qui avait été très impressionné par la musique écrite par Bach pour le mariage de sa sœur au co-regent de Weimar, Ernst August, lui proposa le poste de Kapellmeister (le plus élevé des postes de musiciens). Bach, qui avait déjà refusé un poste à Dresde (le Duc avait doublé ses appointements pour le garder) saute sur l'occasion. Le duc apprit la nouvelle et l'emprisonna durant un mois (du 6 novembre au 2 décembre).


Köthen [modifier]

Palais et jardins de Cöthen d'après une gravure de Matthäus Merian Topographia (1650)De 1717 à 1723, il est maître de chapelle (Kapellmeister) à la cour du prince Léopold d'Anhalt-Cöthen, beau-frère du duc de Weimar.

Le prince, calviniste, est brillant musicien (il joue avec talent du clavecin, du violon et de la viole de gambe). Son Grand Tour de (1710-1713) le met en contact avec la musique profane italienne et le convainc de la nécessité de développer la musique profane allemande — d'autant que ses convictions religieuses lui interdisent la musique d'église. Une opportunité se présente à lui : Frédéric-Guillaume Ier de Prusse qui vient d'accéder au pouvoir ne montre aucun intérêt pour les arts (il licencia les artistes de la Cour et les dépenses baissèrent de 80% en une année) ; le prince Leopold peut attirer des musiciens de la cour de Berlin vers celle de Cöthen, qui dispose rapidement de 18 instrumentistes d'excellent niveau. La musique engloutit dès lors le quart du budget pourtant limité de la principauté de Anhalt-Cöthen qui devient un important centre musical.

L'ambiance y est informelle : le prince traite ses musiciens comme ses égaux, les emmène même à Carlsbad "prendre les bains" et joue souvent avec eux, parfois même chez Bach lorsque sa mère Gisela Agnes s'irrite de la présence perpétuelle de l'orchestre au palais. Son poste offre à Bach tout le confort pécuniaire — 400 talers par an — et amical désiré — le prince Léopold est d'ailleurs le parrain de Leopold Augustus Bach, le dernier enfant de Maria Barbara.

Cette période heureuse de la maturité est propice à l'écriture de ses plus grandes œuvres instrumentales pour luth, flûte, violon (Sonates et partitas pour violon solo), clavecin (premier livre du « Clavier Bien Temperé »), violoncelle (Suites pour violoncelle seul), et les Six concertos brandebourgeois.

Mais un évènement va faire basculer la vie de Bach : la mort de sa femme Maria Barbara. Il en est d'autant plus bouleversé qu'il n'apprend la mort et l'enterrement de Maria Barbara qu'à son retour de Dresde. Cet évènement le marque si profondément qu'il attend un an et demi avant de se remarier avec Anna Magdalena, fille d'un grand musicien et choriste de la cour de Coethen.

Il songe ainsi à quitter cet endroit empli de souvenirs d'autant qu'il ne pouvait composer de musique sacrée dans une cour calviniste, ce qui peut-être lui manquait. De plus la deuxième femme du Duc, épousée en 1721, semble être "eine amusa" (selon les dires de Bach), c'est-à-dire peu sensible aux arts en général, et en détourne son mari. Il faut noter que parallèlement, le prince doit contribuer toujours plus aux dépenses militaires prussiennes.

Bach cherche un poste : il se donne en un concert très remarqué (par Johann Adam Reinken y compris) à la Jacobikirche de Hamburg et se voit presque proposer un poste. Il rassemble, de plus, un recueil de ses meilleures œuvres concertantes (les Six concertos brandebourgeois) et les envoie au margrave de brandebourg qui lui avait marqué un certain intérêt deux ans auparavant. Enfin, il postule à Leipzig, où le poste de Cantor est vacant et lui permet une plus grande renommée en Saint Empire mais aussi en Pologne et en France (le duc de Saxe est roi de Pologne et a fréquenté la cour de Versailles avec laquelle il garde de bonnes relations).

Il obtient le poste de Cantor de Leipzig (qui est pourtant d'un rang inférieur à celui de Kapellmeister qu'il occupait auprès du prince) et compose la Passion selon Saint Jean, première œuvre à venir, avec ardeur à Cöthen.


Leipzig [modifier]

Gravure de JG Krügner, 1723, L'église St Thomas et l'école St Thomas School à gauche
Une photographie de l'extérieur de l'appartement de Bach à l'extrémité de l'école de St Thomas, prise avant sa démolition en 1902. Trois marches menent à la porte
Statue de J.S. Bach à LeipzigDe 1723 à 1750, soit plus de vingt-cinq ans à Leipzig, Bach succède à Johann Kuhnau, comme cantor de l'église luthérienne saint Thomas. Le poste ayant été précédemment refusé par le grand Georg Philipp Telemann, le conseiller doit proposer le poste à des compositeurs de "second rang" : Christoph Graupner décline (son précédent employeur, Le landgrave Ernst Ludwig de Hesse-Darmstadt, refuse de lui rendre sa liberté et augmente ses émoluments), et Bach est choisi le 22 avril 1723.

Il s'y installe avec sa deuxième femme Anna Magdalena qu'il a épousée à Coethen. Il enseigne la musique, le catéchisme et le latin dans les deux écoles ecclésiastiques de la ville : St Thomas pour les "pauvres" et St Nicolas pour les "riches", mais doit aussi fournir de très nombreuses partitions pour les églises, une cantate pour chaque dimanche et jour de fête. Il n'y a qu'une seule répétition pour les Cantates, mais le Cantor bénéficie de solistes instrumentaux brillants (les trompettistes) ou d'excellent niveau, solistes de passage et étudiants du Collegium Musicum. Les chœurs, dont on ne connait pas l'effectif exact, sont apparemment capables de chanter des parties difficiles. Bach se heurte souvent à la jalousie de ses confrères qui forcent notamment les élèves à boycotter ses leçons de musique.

Il mène une vie riche en connaissances, constituant une bibliothèque spécialisée en bibliologie, théologie et mystique. Sa femme l'aide beaucoup dans sa fonction de Cantor en recopiant toutes ses partitions. Sa fonction de Director Musices lui permet d'assister à des réunions musicales organisées au Café Zimmermann pour des bourgeois amateurs de musique et de participer aux débats à l'Université. Il ne manque pas une occasion d'aller à l'opéra de Dresde où son fils est organiste. C'est à Leipzig qu'il compose la majorité de ses œuvres sacrées. Il écrit plus de 200 cantates à ce poste, dont 126 nous sont parvenues.

À Leipzig, il écrit également les chefs-d'œuvre que sont la Klavier-Uebung, le 2e livre du Clavier bien tempéré, l'Offrande Musicale, l'Art de la Fugue, laissé légèrement inachevé, un colossal corpus pour orgue, mais également 4 Passions (dont une à deux chœurs, la célèbre Matthäus-Passion), un Magnificat, 3 oratorios, et son Testament musical, écrit de 1723 à 1749: la Grande Messe en si mineur.

Il commence à perdre la vue en 1745 et bientôt ne peut plus travailler. En juillet 1750 il confie par deux fois ses yeux à John Taylor, "ophtamiatre" réputé (celui là même qui fera perdre la vue a Haendel, dix ans plus tard) sans autre résultat que de perdre complètement la vue. Affaibli par ces opérations de la cataracte, il ne survit pas plus d'un an. Anna Magdalena lui survit 10 ans, vivant de subsides et de mendicité à l'entrée de la cathédrale Saint Thomas.


Les enfants de Johann Sebastian Bach [modifier]
Article détaillé : Famille Bach.
Bach eut vingt enfants de ses deux mariages successifs. De sa première épouse, sa cousine, Maria Barbara Bach (1684-1720), il eut sept enfants : Catharina Dorothea (baptisée à Weimar le 29 décembre 1708 - morte à Leipzig le 14 janvier 1774), Wilhelm Friedemann (né à Weimar le 22 novembre 1710 - mort à Berlin le 1er juillet 1784), Maria Sophia et Johann Cristoph jumeaux nés et morts à Weimar le 23 février 1713, Carl Philipp Emanuel, plus connu sous les initiales de CPE (né à Weimar le 8 mars 1714 - mort à Hambourg le 14 décembre 1788), Johann Gottfried Bernhard (né à Weimar le 11 mai 1715 - mort à Iéna le 27 mai 1739), Léopold Augustus (né à Köthen le 15 novembre 1718 - enterré à Köthen le 28 septembre 1719).

Puis il épouse en secondes noces, une chanteuse de cour, fille cadette d'un trompettiste, Anna Magdalena Wilcke dont il eut treize enfants : Christiana Sophia Henrietta (née à Leipzig au printemps 1723 - morte à Leipzig le 29 juin 1726), Gottfried Heinrich (né à Leipzig le 26 février 1724 - enterré à Naumburg le 12 février 1763), Christian Gottlieb (baptisé à Leipzig le 14 avril 1725 - mort à Leipzig le 21 septembre 1728), Elisabetha Juliana Friederica (baptisée à Leipzig le 5 avril 1726 - morte à Leipzig le 24 août 1781), Ernestus Andreas (baptisé à Leipzig le 30 octobre 1727 - mort à Leipzig le 1er novembre 1727), Regina Johanne (baptisée à Leipzig le 10 octobre 1728 - morte à Leipzig le 25 avril 1733), Christiania Benedicta Louisa (baptisée à Leipzig le 1er janvier 1730 - morte à Leipzig le 4 janvier 1730); Christiania Dorothea (baptisée à Leipzig le 18 mars 1731 - morte à Leipzig le 31 août 1732); Johann Christoph Friedrich (né à Leipzig le 21 juin 1732 - mort à Bückeburg le 26 janvier 1795), Johann August Abraham (baptisé à Leipzig le 5 novembre 1733 - mort à Leipzig le 6 novembre 1733), Johann Christian (né à Leipzig le 5 septembre 1735 - mort à Londres le 1er janvier 1782), Johanna Carolina (baptisée à Leipzig le 30 octobre 1737 - morte à Leipzig le 18 août 1781), Regina Susanna (baptisée à Leipzig le 22 février 1742 - morte à Leipzig le 14 décembre1809).


L'héritage musical [modifier]
Avec Johann Sebastian, la musique baroque atteint à la fois son apogée et son aboutissement. Dès sa disparition, le musicien génial est quasiment oublié parce que passé de mode, comme le contrepoint qu'il a porté à une perfection inégalée.

Les fils qu'il a formés Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel, Johann Christoph Friedrich, Johann Christian vont suivre des chemins différents que Bach avait déjà devinés en disant « Carl Philipp Emmanuel est comme le bleu de Prusse, il sera connu mais s'évaporera vite. Seul Wilhelm Friedeman réussira à percer durablement même s'il mettra du temps avant de réussir ». Se basant sur l'excellente éducation musicale inculquée par leur père, les quatre fils se lanceront vite sur la voie du courant pré-classique qui prend alors le pas sur le Baroque.

Wolfgang Amadeus Mozart lui-même ne faisait pas exception, jusqu'à ce jour de 1782 (Mozart a alors 26 ans) où le baron Van Swieten, un passionné de musique baroque qui possédait une bibliothèque musicale très riche, lui fit découvrir avec enthousiasme une partie de l'œuvre de Bach et les Oratorios de Haendel.

Ce fut un cas assez exceptionnel de rencontre entre deux génies, l'un ayant nombre de secrets à apprendre de l'autre. Pour Mozart, qui était alors le plus grand compositeur vivant, et qui se trouva brutalement confronté, non à un confrère réputé, mais à un maître écrasant, le choc fut rude. Il réussit à assimiler cet immense héritage, son écriture en fut changée, et les connaissances acquises se retrouvent dans son œuvre. On pense notamment au Requiem, à la symphonie « Jupiter », dont le quatrième mouvement est une combinaison de forme sonate et de fugue à cinq voix écrite en contrepoint renversable, à certains passages de La Flûte enchantée, etc.

Ludwig van Beethoven connaissait très bien l'œuvre pour clavecin de Bach et, jeune, il en jouait une grande partie par cœur. Il a pris exemple sur les Variations Goldberg pour composer ses Variations pour piano. Vers la fin de sa vie, Beethoven étudia aussi la grande Messe en si mineur du Cantor de Leipzig. Ainsi, Beethoven s'inspirera de l'art du contrepoint de Bach pour composer sa Missa Solemnis, œuvre dont il parlait comme étant « sa plus grande ».

Ce n'est qu'en 1829 que Mendelssohn, l'un des successeurs de Bach à Saint Thomas de Leipzig, fit rejouer la Passion selon Saint Matthieu à l'Église Saint Thomas. Il permit ainsi de redécouvrir, au XIXe siècle, le génie du compositeur oublié. Les romantiques, d'abord allemands, ont alors repris cet héritage, en l'adaptant aux goûts du XIXe siècle, et particulièrement Brahms à Vienne. Même le "Tristan et Isolde" de Wagner, où l'étude attentive de "L'Art de la Fugue" transparait (notamment dans le "Prélude"), montre l'influence de Bach. Schoenberg voit même en Bach un précurseur de ses théories, et même si l'on peut contester cette allégation, le novateur viennois a écrit sur Bach de passionnantes pages dans ses innombrables essais.

Depuis, son œuvre, insensible à l'évolution des goûts, reste la référence incontournable et inégalée de l'ensemble de la musique occidentale. Il semble même que l'enthousiasme gagne l'Asie, et particulièrement le Japon. Dans les années 1930 à Leipzig, une nouvelle approche de la lecture des œuvres de Bach va être initiée par Karl Straube avec des effectifs instrumentaux et choraux moins imposants que ceux des interprétations du XIXe siècle ; Straube va aussi jouer les œuvres dites théoriques comme L'art de la fugue (avec orchestre toutefois). L'aboutissement de ce « renouveau baroque » se retrouvera à partir des années 1950, avec des interprètes tels que Gustav Leonhardt et ses nombreux disciples, ou Nikolaus Harnoncourt. Gustav Leonhardt et Nikolaus Harnoncourt seront les premiers à enregistrer l'intégrale des cantates. On se doit également de citer John Eliot Gardiner, qui est depuis les années 70 à la tête du Monteverdi Choir et des English Baroque Soloists qu'il a créés. Il a réalisé en 2000 à l'occasion du 250e anniversaire de la mort de Bach une première mondiale : l'interprétation en concerts à travers le monde de l'intégralité des cantates sacrées (plus de 200 subsistent) au cours de l'année. Un des personnages les plus importants actuellement est bien sûr aussi Philippe Herreweghe, qui dirige l'orchestre de La Chapelle Royale et le Collegium Vocale à Gand. Harnoncourt, Leonhardt, Gardiner et Herreweghe sont parmi les chefs les plus appréciés pour la musique du Cantor de Leipzig, tant par la précision et la virtuosité technique que par richesse de l'interprétation et leur expressivité.

Glenn Gould révélera également tout le génie de Bach en mettant l'accent sur la sensibilité, ainsi que sur la rythmique, grâce à ses interprétations au piano. Glenn Gould arrivera à l'apogée de son alchimie musicale dans le deuxième enregistrement des Variations Goldberg en 1981.

Cette musique, même, revisitée (Jacques Loussier ou Wendy Carlos), transposée, voire utilisée comme standard de jazz, garde ses propriétés esthétiques, comme si la richesse de sa structure rendait le reste accessoire.

Marcel Dupré jouait l'œuvre intégrale de Bach pour orgue par cœur, de même que Helmut Walcha, le grand organiste allemand qui, aveugle dès son adolescence, l'apprit par une écoute attentive.

# Posté le lundi 06 août 2007 12:10

Adolphe SaxAntoine-Joseph Sax O Ud'Adolphe Sax

Adolphe SaxAntoine-Joseph Sax O Ud'Adolphe Sax
Adolphe Sax
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Adolphe SaxAntoine-Joseph Sax mieux connu sous le nom d'Adolphe Sax (6 novembre 1814 - 4 février 1894) est un facteur d'instrument de musique belge wallon, surtout connu pour avoir inventé le saxophone.

Adolphe Sax est né à Dinant en Belgique. Son père, Charles Joseph Sax, qui était déjà lui-même un facteur d'instrument, a apporté différents changements au cor de chasse. Adolphe a commencé à fabriquer ses propres instruments très jeune, en présentant deux flûtes et une clarinette à un concours à l'âge de 15 ans. Il étudia ensuite ces deux instruments à l'École Royale de chant de Bruxelles. Il devient un maître de la clarinette à tel point qu'il est interdit de concours dans son pays (!).

Après avoir quitté l'école, Sax commence à expérimenter de nouveaux types d'instruments, pendant que son père continue à produire des instruments conventionnels afin de subsister. La première invention importante d'Adolphe est une amélioration de la clarinette basse qu'il brevette à l'âge de 20 ans.

En 1841, il déménage à Paris et commence à travailler sur un nouvel ensemble d'instruments qui y seront présentés en 1844. Il y a des bugles à touches et, bien qu'il n'ait pas inventé l'instrument lui-même, ses exemplaires sont tellement supérieurs à ceux de ses rivaux qu'ils commencent à être connus sous le nom de cors de Sax ou saxhorn. Ils sont aujourd'hui couramment utilisés dans les fanfares et les orchestres d'harmonie.

Adolphe Sax s'occupe aussi de l'invention d'un instrument qui le rendra célèbre : le saxophone. Il spécifie ses intentions dans son brevet : « On sait que, en général, les instruments à vent sont ou trop durs ou trop mous dans leurs sonorités ». Il voulut créer « Un instrument qui par le caractère de sa voix pût se rapprocher des instruments à cordes, mais qui possédât plus de force et d'intensité que ses derniers » (Brevet français N° 3226 du 21 mars 1846).

Son grand ami Jules Demersseman, flûtiste de renom et compositeur fécond, composa de nombreuses pièces pour saxophone. Grâce à lui, ce nouvel instrument est mis en valeur et est peu à peu reconnu.

Le compositeur Hector Berlioz écrit favorablement sur ce nouvel instrument en 1842. Berlioz, en outre, compose la toute première œuvre avec saxophone, il s'agit de Chant Sacré pour sextuor à vent. L'instrument n'est breveté qu'en 1846, après que Sax ait dessiné et exposé une série complète de saxophones — du Saxophone soprano au Saxophone baryton. Ces instruments font sa réputation et lui assurent un poste d'enseignant au conservatoire de Paris en 1857.

Le tuba wagnérien a été inventé en 1876, à la demande de Richard Wagner qui voulait un instrument ayant une sonorité entre le cor français et le saxhorn afin de jouer le thème de Walhalla dans l'opéra l'Anneau du Nibelung. Sax aurait lui même donné le nom de tuba wagnérien à son instrument, bien que cette appellation soit peu représentative de l'instrument qui provient plutôt d'une déformation du cor que du tuba.

Sax continue par la suite à fabriquer des instruments, en même temps qu'il dirige la nouvelle classe de saxophone au conservatoire de Paris.

Il meurt en 1894 à Paris et est enterré au cimetière de Montmartre.

# Posté le lundi 06 août 2007 12:06

wolfgang amadeus mozart

wolfgang amadeus mozart
L'enfant prodige

Mozart enfant, huile anonyme de 1763, probablement due à Pietro Antonio LorenzoniNé à Salzbourg, qui est à l'époque la capitale d'une principauté ecclésiastique allemande, Mozart est le fils d'un compositeur allemand, Leopold Mozart (1719 - 1787), vice-maître de chapelle à la cour du prince-archevêque de Salzbourg, et de son épouse Anna Maria Pertl (1720 - 1778).


Mozart au clavecin, son père et sa soeurWolfgang est le septième enfant du couple. Trois enfants sont morts en bas âge avant la naissance de sa sœur Maria Anna (surnommée « Nannerl », née en 1751), et deux autres sont encore morts entre la naissance de cette sœur aînée et la sienne.

Il est baptisé Joannes Chrysost[omus] Wolfgangus Theophilus. Theophilus signifiant « aimé des dieux » a des équivalents allemand (Gottlieb), italien (Amedeo) et latin (Amadeus). Il est cependant certain que Wolfgang Amadé n'a jamais été appelé « Amadeus » de son vivant.

Mozart révèle des dons prodigieux pour la musique dès l'âge de trois ans : il a l'oreille absolue et certainement une mémoire eidétique (à quatorze ans, il aurait parfaitement retranscrit le Miserere de Gregorio Allegri, morceau qui dure environ 15 minutes, en ne l'écoutant qu'une seule fois). Ses facultés déconcertent son entourage, et incitent son père à lui apprendre le clavecin dès sa cinquième année. Le jeune Mozart apprend par la suite le violon, l'orgue et la composition. Il sait déchiffrer une partition et jouer en mesure avant même de savoir lire, écrire ou compter. À l'âge de six ans (1762), il compose déjà ses premières œuvres (menuets KV.2, 4 et 5 ; allegro KV.3).


Le voyageur

Mozart (au clavier) en 1770 avec le violoniste Thomas Linley, autre enfant prodige, détail d'une toile anonyme du XVIIIe siècle, (collection privée)Entre 1762 et 1766, il part en tournée avec son père (employé par le prince-archevêque Schrattenbach) et sa sœur aînée Maria-Anna, d'abord à Munich, puis à Vienne, avant de partir le 9 juin 1763 pour une longue tournée en Europe, qui l'emmènera à Munich, Augsbourg, Mannheim, Francfort, Bruxelles, Paris, Londres, La Haye, Amsterdam, Dijon, Lyon, Genève, Lausanne. Ses exhibitions impressionnent les auditeurs et lui permettent de capter de nouvelles influences musicales. Il fait la rencontre de deux musiciens qui le marqueront pour toujours : Johann Schobert à Paris, et Johann Christian Bach (fils cadet de Jean-Sébastien Bach) à Londres. Ce dernier lui fait découvrir le pianoforte, inventé au début du siècle, et l'opéra italien, et lui apprend à construire une symphonie.

En 1767, à l'âge de onze ans, il écrit son premier opéra Apollo et Hyacinthus (K.38), une comédie latine destinée à être interprétée par les élèves du lycée dépendant de l'Université de Salzbourg. De retour en Autriche, il se rend régulièrement à Vienne, et compose deux autres opéras, Bastien et Bastienne et La finta semplice, durant l'été 1768, à l'âge de douze ans. L'année suivante, il est nommé maître de concert par le prince-archevêque. Son père obtient un congé sans solde afin de lui faire découvrir l'Italie. De 1769 à 1773, Mozart s'y rend régulièrement, et y étudie l'opéra, forme musicale dans laquelle il excellera (Le nozze di Figaro (les Noces de Figaro), Don Giovanni, Così fan tutte (Ainsi font-elles toutes), Die Zauberflöte (la Flûte enchantée)...). Grâce à son travail sur les harmonies vocales et sa maîtrise de la polyphonie, il donnera ses lettres de noblesse à ce genre. En Italie, il se lie au savant Padre Martini, devient membre de l'Accademia Filarmonica de Bologne - qui n'admet en principe que des membres âgés de plus de vingt ans. Le pape Clément XIV le nomme Cavaliere del lo speron d'oro (Chevalier de l'éperon d'or).

Le 16 décembre 1771, le prince-archevêque Schrattenbach décède. Le prince-archevêque Colloredo devient son nouvel employeur.


Au service du prince-archevêque Colloredo (1773-1781)

Portrait de Mozart « Lorenz »Mozart est malheureux dans sa ville natale. Son nouvel employeur n'aime pas le voir partir en voyage, et lui impose la forme des pièces qu'il doit écrire pour les cérémonies religieuses. À dix-sept ans, il a du mal à accepter ces contraintes, et ses relations avec le prince-archevêque se dégradent au cours des trois années qui suivent. Il fait la connaissance à Vienne de Joseph Haydn avec qui il entretiendra une correspondance et une amitié teintée d'admiration (réciproque), tout au long de sa vie :

« Je vous le dis devant Dieu, en honnête homme, votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse, en personne ou de nom, il a du goût, et en outre la plus grande science de la composition. »
Joseph Haydn à Leopold Mozart

« Lui seul a le secret de me faire rire et de me toucher au plus profond de mon âme. »
Wolfgang Amadeus Mozart à propos de Joseph Haydn

En 1776, Mozart a vingt ans, et décide de quitter Salzbourg. Toutefois, le prince-archevêque refuse de laisser partir son père, et lui impose de démissionner de son poste de maître de concert. Après une année de préparatifs, il part avec sa mère, tout d'abord à Munich, où il n'obtient pas de poste, puis à Augsbourg et enfin à Mannheim où il se lie d'amitié avec de nombreux musiciens. Toutefois, ses démarches pour obtenir un poste restent là aussi infructueuses. C'est à Mannheim également qu'il tombe éperdument amoureux de la cantatrice Aloysia Weber, ce qui déclenche la colère de son père qui lui demande de ne pas oublier sa carrière. Couvert de dettes, Mozart comprend qu'il doit reprendre ses recherches et part pour Paris au mois de mars 1778.

Il espère trouver de l'aide auprès de Melchior Grimm, qui s'était occupé de sa tournée lorsqu'il avait sept ans, mais sans succès. Il ne trouve pas de poste, et a même du mal à se faire payer ses œuvres dans une France en crise. Sa mère tombe malade durant ce séjour, et meurt le 3 juillet. Mozart rentre alors à Salzbourg, où son père a convaincu le prince-archevêque de le reprendre à son service, en passant par Munich où vit la famille Weber. Mais Aloysia aime un autre homme, et c'est un Mozart déprimé qui arrive à Salzbourg le 29 janvier 1779 où il retrouve son ancien poste.


Ce portrait appellé le « Mozart de Bologne » fut peint en 1777 à Salzbourg par un peintre inconnu, pour le père Martini à Bologne, qui l'avait commandé pour sa galerie de portraits de compositeurs. Actuellement, le portrait se trouve au Civico Museo Bibliografico Musicale de Bologne. Léopold Mozart écrira ceci à propos du portrait, dans une lettre adressée au Père Martini et datée du 22 décembre 1777 : Malerisch hat es wenig wert, aber was die Ähnlichkeit anbetrifft, so versichere ich Ihnen, daß es ihm ganz und gar ähnlich sieht. (« C'est une œuvre d'art de valeur médiocre, mais je peux vous assurer que du point de vue de la ressemblance, elle est parfaite. »)En novembre 1780, il reçoit une commande pour l'opéra de Munich, et il part comme son contrat l'y autorise. La création, le 29 janvier 1781 de Idomeneo, Rè di Creta (« Idoménée, roi de Crète ») est accueillie triomphalement par le public. De retour à Salzbourg, Mozart doit suivre son employeur à Vienne, où le prince-archevêque le traite publiquement de « voyou » et de « crétin » avant de le congédier. Mozart s'installe alors dans la capitale autrichienne comme compositeur indépendant, dans la pension de madame Weber.


Vienne (1782-1791)

L'indépendance
Mozart peut enfin composer plus librement, débarrassé de l'autorité de son père et de son employeur. En 1782, l'empereur Joseph II lui commande un opéra. Ce sera Die Entführung aus dem Serail (L'Enlèvement au sérail), en langue allemande, qui incitera Gluck, compositeur et directeur des concerts publics à Vienne, à féliciter Mozart.

Mozart a fait la connaissance de la troisième fille de madame Weber, Constanze, et décide de l'épouser sans attendre le consentement écrit de son père. Le mariage est célébré le 4 août 1782, dans la cathédrale Saint-Étienne. Peu après, le baron von Svieten lui fait découvrir deux compositeurs qui deviendront célèbres mais complètement inconnus à cette époque, Bach et Haendel. Mozart, homme de théâtre, tout comme Haendel, admire les effets musicaux créés par ce dernier pour accentuer le caractère dramatique de ses œuvres. Il est en outre fasciné par l'art du contrepoint de Bach, qui influence directement sa Grande messe en ut mineur KV.427, et nombre de ses œuvres par la suite. La même année, il commence une série de six quatuors dédiés à son ami Joseph Haydn, qui se terminera en 1785.

En 1784, Mozart entre dans la franc-maçonnerie, et gravit rapidement les échelons pour devenir Maître en avril 1785. Il écrit plusieurs œuvres pour ses frères maçons, dont la Maurerische Trauermusik (musique funèbre maçonnique) K.477 et surtout La Flûte enchantée (dit opéra maçonnique) KV 620 qui est une description de l'initiation à la franc-maçonnerie.

En 1786, Mozart fait la connaissance du librettiste Lorenzo da Ponte, poète officiel du théâtre de Vienne. Ce dernier convainc l'empereur d'autoriser la création d'un opéra basé sur Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, alors que l'empereur a interdit la pièce, jugée subversive. Mozart met en musique le livret de Lorenzo da Ponte, et la première de Le nozze di Figaro (Les Noces de Figaro) a lieu le 1er mai 1786 à Vienne. Son succès n'empêche pas son retrait rapide de l'affiche. Mozart part alors à Prague où Le nozze connaît un succès phénoménal. En hommage à cette ville, il compose la Symphonie no 38 en ré majeur.

Il reçoit alors du directeur du théâtre de Prague la commande d'un opéra pour la saison suivante. Mozart fait à nouveau appel à Lorenzo da Ponte pour créer le livret de Don Giovanni. Le 28 mai 1787, son père Leopold meurt. Ce décès bouleverse Mozart, et va influencer la composition de son opéra alors en chantier. Don Giovanni est créé au théâtre des États de Prague le 28 octobre 1787 avec un grand succès, qui ne se confirmera pas à Vienne.


Les difficultés, la maladie et la fin prématurée

Mozart en 1789, portrait exécuté à la pointe d'argent par Doris Stock (76 x 62 mm). Cette représentation de Mozart est l'une des rares qui lui ressemblait vraiment.Durant les dernières années de sa vie, Mozart est souvent malade, et chroniquement endetté malgré de nombreux succès très bien rétribués, car il mène grand train de vie. Il compose beaucoup : sonates, concertos, symphonies, opéras (dont Così fan tutte, sa dernière collaboration avec Lorenzo da Ponte). L'année 1790, qui voit le décès de l'empereur Joseph II (son successeur Leopold II n'est pas favorable aux francs-maçons) et le départ de Joseph Haydn pour Londres, est peu productive.

En 1791, Emanuel Schikaneder, un de ses amis francs-maçons, directeur d'un petit théâtre populaire de Vienne, lui commande un opéra. Il en fournit le livret, et Mozart écrit la musique de son dernier opéra Die Zauberflöte (La flûte enchantée). Sa création le 30 septembre est un triomphe.

En juillet, un inconnu lui commande un Requiem (KV 626), qui doit rester anonyme. On sait aujourd'hui qu'il était commandité par le comte Walsegg, et on suppose que celui-ci souhaitait soit faire deviner à ses amis le nom de l'auteur, soit s'en attribuer la paternité. Mozart, affaibli par la maladie et les privations, doit en outre faire face à une surcharge de travail, car il a reçu (début août) la commande d'un opéra (La Clemenza di Tito, KV 621) pour le couronnement du roi de Bohême Léopold II, qu'il devra écrire en trois semaines.

Il meurt le 5 décembre 1791 à minuit cinquante-cinq, à l'âge de 35 ans sans avoir pu achever ce Requiem (qui sera terminé à la demande de Constanze par un de ses élèves, Franz Xavier Süssmayer). Selon une légende, il aurait été empoisonné à l'arsenic par les franc-maçons [1].

La légende, reprise dans le film Amadeus de Milos Forman, qui veut que Mozart ait composé ce Requiem en prémonition de sa mort prochaine relève plus de l'imagerie romantique que de la réalité. Mozart est enterré au cimetière St Marx dans la banlieue de Vienne, dans une fosse commune.

Cela correspond à un enterrement de 3°classe dont les frais sont partagés par la famille Mozart et les amis. Le cimetière est éloigné de la ville selon les décrets de l'empereur Joseph II relatifs aux conditions sanitaires. Contrairement à ce qui est souvent dit, Mozart n'a donc pas été enterré dans une fosse commune [réf. nécessaire]. Les fosses communautaires étaient des fosses payées à l'avance pour 10 personnes (8 adultes et 2 enfants). Un service commémoratif a lieu à Prague le 14 décembre, devant des milliers de personnes. Emanuel Schikaneder en organise un à Vienne au cours duquel le début du Requiem (Introitus et Kyrie) pourrait avoir été joué.


Son œuvre

Le style

Style galant et style savant
Mozart est, avec Haydn et Beethoven l'un des principaux représentants du style classique « viennois ». Mais cela ne suffit certes pas à le définir. Dans une époque dominée par le style galant, Mozart réalise la synthèse avec des complexités contrapuntiques propres au baroque tardif, et avec des formes novatrices influencées notamment par les fils Bach ou par Haydn. Si Mozart est le meilleur représentant du style classique, son style va toutefois bien au-delà et est l'un des plus personnels et plus immédiatement reconnaissables à l'oreille.

Né dans une famille de musiciens, tôt habitué à voyager et à rencontrer des instrumentistes et compositeurs d'horizons et nationalités différents, Mozart devient dès l'enfance un imitateur de génie et s'approprie tout ce qu'il entend : il suit cette méthode tout au long de sa vie, notamment quand il s'agit de se familiariser avec le contrepoint, ce « style savant » (ou « sévère ») si difficile à assimiler à l'époque où on lui oppose le style galant dans lequel Mozart baigne depuis l'enfance. Mozart commence par transcrire plusieurs fugues de Bach pour trio à cordes, sur une commande de Van Swieten (KV 404a), puis se consacre réellement à composer des fugues, non sans difficulté : celle entamée pour le finale de la sonate pour violon KV 402 reste inachevée ; tandis que celles du prélude et fugue KV 394 composé en 1782 ou de la suite dans le style de Haendel KV 399 sont d'une extrême complexité, qui traduit les difficultés rencontrées par Mozart dans l'étude du contrepoint. Pourtant, celui-ci nourrit la messe en ut mineur KV 427 entamée à la même époque, puis dans les mois suivants on retrouve des fugues pour vents (sérénade KV 388), pour piano (Fugue en do mineur pour 2 pianos KV 426, par la suite transcrite pour orchestre dans l'adagio et fugue KV 546), et plus tard pour orgue (KV 594 et KV 608). Puis, dans les années suivantes, Mozart abandonne la simple imitation, mais des œuvres bénéficient de ce travail : c'est le cas du finale du quatuor en Sol majeur (KV 387) ou du finale de la symphonie Jupiter (KV 551), deux mouvements où la superposition des lignes atteint une maîtrise inégalée.


Un génie audacieux et diversifié

Le livret des Noces de Figaro pour la création à Prague, en 1786Impossible de définir Mozart par un genre précis. Opéra, symphonie, concerto, musique de chambre, musique sacrée... Mozart est un touche-à-tout qui s'approprie chaque genre, chaque forme, chaque instrument pour mieux le réinventer. Si les traits principaux du style classique sont bien présents dans ses œuvres (clarté de la structure et de ses articulations, équilibre de la formation, harmonie simple), si son don inné pour la mélodie est une évidence, Mozart en joue pour mieux faire ressortir tel motif, telle dissonance, surprendre par des audaces peu prisées de ses contemporains : quelques œuvres à l'époque confidentielles en portent la marque (comme la fantaisie en ut mineur KV 475 ou le quatuor « Dissonance » KV 465, dont l'introduction justifie le nom).

Mozart n'était pas pour autant un révolutionnaire, et il est l'auteur d'une abondante production de divertimenti, menuets et airs très conformes aux conventions de l'époque, sans jamais se laisser enfermer dans un registre. Lorsqu'il compose ses opéras, c'est toujours avec une alternance entre opera buffa (les Noces de Figaro, Così fan tutte...) et opera seria (Idomeneo, Don Giovanni...). Et son dernier opéra rompt avec chacun de ces deux styles puisqu'il s'agit d'un Singspiel, une opérette allemande chargée de symbolisme et, à vrai dire, inclassable : la Flûte enchantée.

Cultivé, curieux, toujours à l'écoute des inventions musicales ou artistiques de son époque, Mozart a su jusqu'au bout faire évoluer son style au gré des découvertes, et l'on sent facilement l'influence débutante du Sturm und Drang allemand dans les dernières années mozartiennes (et pas seulement dans Don Giovanni ou dans le Requiem). Le propre du génie mozartien est là : avoir su s'inspirer de ses contemporains sans jamais suivre d'autre modèle que le sien propre.

La force et la grâce, la puissance et l'émotion, le pathétique, l'humour, l'élégance la plus exquise se sont réunis dans son œuvre pour faire de Mozart l'artiste en son genre le plus accompli peut-être qui ait jamais existé.


L'influence
Mozart a d'évidence eu une grande importance sur l'histoire de la musique, et ce dès ses contemporains. Même son aîné, Haydn, ami et admirateur de Mozart, en subit l'influence dans ses dernières symphonies et messes, et dans ses deux oratorios.

Les successeurs de Mozart n'y échappent pas. Beethoven, fortement impressionné par Mozart qu'il a probablement croisé dans sa jeunesse. Schubert, qui grandit à Vienne à l'époque même où le génie de Mozart est enfin unanimement reconnu, quelques années après sa mort. D'autres compositeurs, moins à l'avant-garde du romantisme, restent plus proches de l'esprit mozartien classique, notamment son élève Johann Nepomuk Hummel ou Louis Spohr. Les opéras de Gioacchino Rossini doivent beaucoup à Mozart, et ce n'est pas un hasard si ce dernier choisit de mettre en musique Le barbier de Séville de Beaumarchais, premier volet des frasques de Figaro. Enfin, Mendelssohn, Chopin, Brahms, et même Busoni assument l'héritage de Mozart dans une grande partie de leurs œuvres, souvent à la même hauteur que celui de Bach.

Plus largement, la musique tout entière est héritière de Mozart, et des pans entiers de son histoire lui doivent tout. L'opéra allemand, par exemple, celui de Weber et Wagner a été fortement influencé par La flûte enchantée.

Aujourd'hui encore, l'enfant chéri de l'Autriche est incontestablement le plus populaire des classiques, et probablement le plus joué.

# Posté le lundi 06 août 2007 12:04

Napoleon bonaparte

Napoleon bonaparte
Napoléon Bonaparte[1], (né Napoleone Buonaparte le 15 août 1769 à Ajaccio, en Corse ; mort le 5 mai 1821 sur l'île Sainte-Hélène), général, Premier consul, puis Empereur des Français.

Objet dès son vivant d'une légende noire comme d'une légende dorée, il a acquis une notoriété aujourd'hui universelle pour son génie militaire et politique, mais aussi pour son régime autoritaire, et pour ses incessantes campagnes souvent coûteuses, soldées par de graves défaites finales en Russie et à Waterloo et par sa mort en exil à Sainte-Hélène sous la garde des Anglais.

Général de la Révolution française à 26 ans, il accumule les victoires spectaculaires en Italie et pendant la campagne d'Égypte, puis prend le pouvoir par le coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799).

Il dirige la France à partir de la fin de l'année 1799 ; il est d'abord Premier consul du 10 novembre 1799 au 18 mai 1804 puis Empereur des Français, sous le nom de Napoléon Ier, du 18 mai 1804 au 11 avril 1814, puis du 20 mars au 22 juin 1815. Il réorganise et réforme durablement l'État et la société. Il porte le territoire français à son extension maximale avec près de 130 départements, transformant Rome, Hambourg ou Amsterdam en chefs-lieux de départements français. Il est aussi président de la République italienne de 1802 à 1805, puis roi d'Italie du 17 mars 1805 au 11 avril 1814, mais encore médiateur de la Confédération suisse de 1803 à 1813 et protecteur de la Confédération du Rhin de 1806 à 1813. Il conquiert et gouverne la majeure partie de l'Europe continentale et place les membres de sa famille sur les trônes de plusieurs royaumes européens : Joseph sur celui de Naples puis d'Espagne, Jérôme sur celui de Westphalie, Louis sur celui de Hollande et son beau-frère Joachim Murat à Naples. Il crée aussi un grand-duché de Varsovie, sans oser restaurer formellement l'indépendance polonaise, et soumet à son influence des puissances vaincues telles que la Prusse et l'Autriche.

Napoléon tenta de mettre un terme à son profit à la série de guerres que menaient les monarchies européennes contre la France depuis 1792. Il conduit les hommes de la Grande Armée, dont ses fidèles « grognards », du Nil et de l'Andalousie jusqu'à la ville de Moscou. Comme le note l'historien britannique Eric Hobsbawm, aucune armée n'était allée aussi loin depuis les Vikings ou les Mongols. Malgré de nombreuses victoires initiales face aux diverses coalitions montées et financées par la Grande-Bretagne (devenue le Royaume-Uni en 1801), l'épopée impériale prend fin en 1815 avec la défaite de Waterloo.

Peu d'hommes ont suscité autant de passions contradictoires que Napoléon Bonaparte. Selon les mots de l'historien Steven Englund : « le ton (...) qui convient le mieux pour parler de Napoléon serait (...) une admiration frisant l'étonnement et une désapprobation constante frisant la tristesse. »

Toute une tradition romantique fait précocement de Napoléon l'archétype du grand homme appelé à bouleverser le monde. Élie Faure, dans son ouvrage Napoléon qui a inspiré Abel Gance, le compare à un prophète des temps modernes. D'autres auteurs tels Victor Hugo font du vaincu de Sainte-Hélène le Prométhée moderne. L'ombre de “Napoléon le Grand” plane sur de nombreux ouvrages de Balzac, Stendhal, Musset, mais aussi de Dostoïevski, de Tolstoï et de bien d'autres encore.

Hudson Lowe, geôlier de Napoléon à Sainte-Hélène, devant son lit de mort, a déclaré :

« Messieurs, c'était le plus grand ennemi de l'Angleterre, c'était aussi le mien. Mais je lui pardonne tout. À la mort d'un si grand homme, on ne doit éprouver que tristesse et profond regret. »
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# Posté le lundi 06 août 2007 12:01

winston churchill

winston churchill
Naissance : 30 novembre 1874
Blenheim Palace, Royaume-Uni
Décès : 24 janvier 1965 (à 90 ans)
Londres, Royaume-Uni
Nationalité : Royaume-Uni
Profession : Homme politique
Occupation : Premier ministre (1940-1945 puis 1951-1955)
Autres fonctions : Député conservateur (1900)
Premier lord de l'Amirauté (1911-1915 puis 1939)
Secrétaire à la guerre (1917-1922)
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# Posté le lundi 06 août 2007 11:59